L’homme mal équipé face au stress

Roger Erdvig

Lorsque la gazelle voit la lionne, son activité cardiaque et respiratoire et sa tension musculaire augmente immédiatement pour fuir A l’inverse d’autres fonctions sont innhibées

La gazelle se remet à brouter deux minutes après avoir été poursuivie par une lionne.

Le changement chez l’homme s’est fait rapidement (à l’échelle de l’évolution). L’homme utilise aujourd’hui des outils pour faire face au stress ils ne sont plus du tout adaptés

Chez l’être humain, l’état de stress se prolonge la plupart du temps, et engendre des dégradations, y compris corporelles. On parle de stress post traumatique, conséquence la plus grave d’un stress intense. Les symptômes incluent des rappels de l’événement traumatique, des cauchemars, des désordres nutritionnels, de l’anxiété, de la fatigue et le repli sur soi. Ceux qui souffrent de stress post traumatique ont une réaction hyperactive au stress, qui déclenche une excitation intense du système nerveux autonome en réponse à des situations ordinaires et bénignes.

D’après l’OMS, les problèmes de santé mentale (dépression, anxiété chronique, phobies, addictions, etc.) sont devenus aux Etats Unis et dans l’Union Européenne, la première cause d’invalidité en termes de nombre de jours durant lesquelles les gens ne peuvent pas fonctionner normalement dans l’existence, avant le cancer et les maladies cardiovasculaires.

En Europe les couts liés au stress ont été estimés à 617 milliards d’Euros.

La sagesse, vers le bonheur pour tous

A un niveau usuel, la satisfaction, le bonheur sont dépendants de causes et conditions. Il fait beau, je suis heureux ; il commence à pleuvoir, l’état d’esprit se dégrade. 

Dans la sagesse, on apprend tout d’abord à cultiver le bonheur dans l’expérience de chaque instant y compris les plus simples. La simple présence est source de joie, de satisfaction de l’instant, de contentement. Sans ce contentement, la satisfaction, une fois l’objet atteint, est de faible durée, voire inexistante. Les désirs se multiplient. Ils augmentent la soif et la peur (de perdre). Ce contentement atteint son paroxysme lorsque l’on perçoit la nature de sa conscience, expérience de nature permanente (qui ne change pas d’instant en instant).

L’atteinte de ce contentement permanent va permettre de développer aisément un amour inconditionnel, la sortie de toute souffrance une compassion inconditionnelle. L’action strictement motivée par cette bienveillance inconditionnelle et nourrie de la compréhension de ce qui est, y compris de l’autre, induit une action juste, optimum pour l’autre.

Dépasser ses limites

Nous nous sentons cernés pas des limitations : notre corps, des contraintes sociales, notre voisin qui fait du bruit, nos tendances, des obligations familiales, professionnelles. Que cette perception génère une aspiration à la libération. On peut essayer de supprimer chaque limitation comme autant de cailloux qui nous blessent pieds quand nous marchons, une autre voie comme l’explicite Santideva est de mettre des sandales, de maîtriser son esprit

Du possesseur de talent, à l’intégration dans un système

Connaître ses talents est essentiel pour se construire et se projeter dans la vie positivement. La méditation permet de conserver un regard lucide et actualisé sur soi-même. Pour autant se définir comme possesseur de ces talents nous isole. Il est essentiel au-delà de contacter notre nature profonde, expérience commune à chaque individu, qui nous rapproche des autres, de nous percevoir comme un élément d’un système et d’agir au niveau de ce système

Ouverture et talents

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Prendre le temps d’un voyage intérieur via la méditation, permet de sortir du cycle des pensées négatives. Ce voyage révèle simplement nos qualités, nos talents. Tout comme la nature de l’eau se révèle quand on laisse se déposer les impuretés qui s’y trouvent et qui ne sont pas de la nature de l’eau.

Le bonheur ?

Aristote vous dirait que le bonheur se situe dans l’équilibre entre deux émotions extrêmes. Un équilibre qu’il nomme tempérance. Dans nos apprentissages nous amenons au bonheur par la réalisation de sa propre nature, hors de toute construction mentale, non duelle. A ce niveau pas une trace d’émotion perturbatrice.

Sortir de la négativité

C’est une forme de préalable pour un mieux-être avec soi-même et avec les autres. Mais lorsque nous essayons d’être positif, nous restons sur une intention égocentrée. Comment se transformer alors, sans réintroduire une priorité à soi, source de négativité. Nous proposons une compréhension non intellectuelle issue de l’expérience, il y a compréhension profonde des impacts de la négativité et changement des habitudes.

Travailler sur son stress

Le mot « stress » dérive du mot « détresse ». Pourtant, le mot est maintenant banalisé, alors que sa répétition peut détruire. Nous apprenons à les maîtriser en ne réagissant pas à la situation (Le stress n’est pas au niveau de la situation mais de la réaction à la situation). Cette non réaction remet en ouverture et permet une action en intelligence.

Il existe aussi des pratiques méditatives permettant de supprimer les résidus laissés par un stress. Les maîtres tibétains expliquent que ces techniques étaient transmises à de jeunes moines, N’ayant pas de stress disponibles, ces jeunes allaient dans un village et simulaient un vol à l’étalage. Les commerçants, (dupes ou complices ?) , leur courraient après en criant. Les moines retournaient ensuite au monastère pour travailler sur ce stress.

La contagion de la bienveillance :

Asian colleague embracing supporting caucasian woman reading bad news in email, teammate comforting stressed frustrated female coworker upset by dismissal, helping to solve problem online in office

Avec une posture d’ouverture à l’autre, on peut agir intelligemment avec bienveillance. Nous faisons partie d’un système totalement interconnecté. Avoir des pensées, des gestes bienveillants adaptés à la situation, apaise les tensions au sein du groupe, fait progresser l’autre en bienveillance.

Ne pas se mettre au centre : préalable à la bienveillance.

La bienveillance est fondamentalement une posture d’ouverture à l’autre, une forme d’acceptation de ce qu’il est, sans jugement négatif ou positif. La difficulté est de lâcher ses a priori et ses certitudes. Cette absence de considérations est une ouverture aux possibles. Si on ajoute la confiance (foi) qui résulte de la bienveillance, déplacer des montagnes devient possible.

Définition

La bienveillance est l’aspiration profonde au bien des êtres. C’est une aspiration à la protection et à l’apport, libre de la priorité mise sur mon propre plaisir, mon propre « non-désagrément ». Pour autant, elle est plus juste si je me considère comme un de ces êtres.

Pour ne pas subir l’autre, soyez bienveillant !

Incompréhensions, rapport de force…, les relations que nous entretenons avec notre entourage familial ou professionnel génèrent irritation et stress. Nous réagissons ! Adopter une attitude bienveillante permet de prendre de la distance, de lisser les émotions. Il est alors possible de développer une action en intelligence de la situation, non tournée contre l’autre, mais vers la résolution du problème. Qui plus est, cette action sera aisément acceptée par l’autre qui perçoit son intelligence et la bienveillance qui la sous-tend.

Sortir de la tyrannie des émotions

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Dès que nous sommes pris par une émotion, quelle qu’elle soit, le « Je » est présent, Il s’impose au centre de ce que nous vivons et percevons. L’expérience reste de ce fait limitée. L’accumulation de ces émotions momentanées influence nos humeurs, modifie peu à peu nos dispositions mentales et nos traits de caractère. Elle induit une forme de conditionnement qu’il est nécessaire de rompre pour atteindre un meilleur équilibre. Le chemin vers la sagesse est un moyen pour nous sortir de ces conditionnements.

Que faire de nos émotions ?

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Les émotions sont une constante de notre vie : parfois profondes et durables, parfois superficielles et éphémères. Il y a peu de moments où les émotions nous laissent en paix. Pour certains, l’absence d’émotions est synonyme d’un manque, pour d’autres, le trop-plein émotionnel représente une perte de contrôle intolérable. Faut-il tracer une ligne entre deux excès ? Une autre voie est de ne pas être plus affecté par elles que par des sons, les symphonies sont magnifiques, le silence aussi …

Le changement comme condition humaine de vie

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Rechercher à atteindre un état permanent, c’est à dire, une situation stable, que ce soit un état émotionnel, physique, économique …, c’est aller contre la nature des choses. Poursuivre un tel objectif inatteignable induit des émotions négatives (frustration, doutes, colère…), voire de l’épuisement et du découragement. Il fausse notre perception de notre environnement et de nous-même et entrave la justesse de l’action. Admettre que toutes choses sont impermanentes, non durables, est une forme de libération, source d’apaisement et d’adéquation.